Et si le téléviseur pouvait tout simplement laisser sa place à une véritable salle de cinéma ? Avec le MIRA, XGIMI propose un projecteur 4K à ultra-courte focale capable d’afficher une image jusqu’à 120 pouces, tout en évitant une bonne partie des contraintes habituelles d’un vidéoprojecteur classique. Il se place contre le mur, sans nécessiter plusieurs mètres de recul. J’ai testé le XGIMI MIRA pour voir si cette promesse fonctionne réellement au quotidien, mais aussi pour vérifier ce qu’il faut prévoir avant de lui faire une place dans son salon.
Une très grande image sans avoir besoin de recul
La première chose à comprendre avec le XGIMI MIRA, c’est sa technologie ultra-courte focale, ou UST pour Ultra Short Throw. Contrairement à un vidéoprojecteur traditionnel qui doit être installé à plusieurs mètres de la surface de projection, le MIRA se pose pratiquement contre le mur. Son rapport de projection de 0,175:1 lui permet ainsi d’afficher une très grande image avec seulement quelques centimètres de recul : XGIMI annonce environ 19 cm pour obtenir une diagonale de 100 pouces, et moins de 30 cm pour atteindre 120 pouces.
C’est précisément ce qui change l’expérience par rapport à un vidéoprojecteur classique. Plus besoin de trouver une place au milieu du salon ou de prévoir plusieurs mètres de recul : le MIRA s’installe devant le mur et transforme celui-ci en écran géant. Pour un appartement ou une pièce dans laquelle l’espace est compté, l’idée est particulièrement intéressante. Mais elle impose aussi une première contrainte qu’il vaut mieux connaître avant de se décider : le MIRA est conçu pour fonctionner entre 80 et 120 pouces. À 80 pouces, l’image mesure déjà près de 1,80 mètre de large. Ce n’est donc pas un projecteur que l’on choisit pour afficher une petite image de télévision. Il faut avoir le mur qui va avec.
Cette approche n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle chez XGIMI. J’ai déjà testé plusieurs générations de projecteurs de la marque, avec des modèles nomades comme le MoGo 3 Pro et l’Elfin Flip, des appareils plus orientés home cinéma comme le Horizon Ultra, et les projecteurs ultra-courte focale Aura et Aura 2. Le MIRA arrive donc dans une gamme que je connais déjà, mais avec une ambition différente : rendre la très grande image plus facile à intégrer dans un intérieur où chaque centimètre compte.
À SAVOIR AVANT D’ACHETER
Le MIRA est conçu pour une image de 80 à 120 pouces. Son intérêt apparaît réellement lorsque l’on peut exploiter cette grande diagonale. Dans un petit espace, il faut donc commencer par vérifier la largeur du mur avant de penser au projecteur lui-même.
80 pouces, c’est formidable… encore faut-il avoir la place !
Une image 4K qui demande un peu d’attention
Sur le papier, XGIMI n’a pas fait les choses à moitié. Le MIRA utilise une source lumineuse triple laser RGB, une puce DLP et affiche une définition de 3 840 × 2 160 pixels. Il annonce également une couverture de 110 % du BT.2020 ainsi qu’un contraste de 20 000:1 lorsque le système DBLE est activé. Le projecteur prend par ailleurs en charge le Dolby Vision, le HDR10+ et le HLG.
Ces caractéristiques donnent une base technique sérieuse, mais c’est évidemment devant l’image que l’on se fait une véritable opinion. Lors de mon test, j’ai notamment constaté que les couleurs pouvaient paraître assez vives, voire légèrement artificielles avec les réglages d’origine. Rien de rédhibitoire, mais il faut prendre un peu de temps pour ajuster les différents paramètres afin de retrouver une image plus naturelle. Une fois ce travail effectué, le rendu devient nettement plus équilibré.
C’est un point qui me paraît important à préciser parce que l’on pourrait être tenté de considérer la technologie triple laser comme une garantie automatique d’une image parfaite. Ce n’est évidemment pas aussi simple. Le projecteur fournit une base technique intéressante, mais le résultat dépend aussi des réglages, de la pièce et de la surface sur laquelle l’image est projetée.
La luminosité annoncée de 2 000 lumens ISO permet au MIRA de fonctionner dans de bonnes conditions dans un environnement domestique, mais elle ne transforme évidemment pas la projection en téléviseur capable de lutter sans conditions avec la lumière du jour. Plus la pièce est lumineuse, plus le contraste perçu diminue. Dans une pièce que l’on peut assombrir, l’image gagne immédiatement en profondeur et en impact. En pleine journée, avec une forte lumière extérieure, elle reste exploitable mais perd une partie de l’effet spectaculaire que l’on attend naturellement d’une projection de 100 pouces.
Il y a aussi un élément auquel on ne pense pas forcément lorsque l’on remplace un téléviseur par un projecteur : le mur devient votre écran. Avec une projection classique, certains petits défauts de surface peuvent passer relativement inaperçus. Avec une ultra-courte focale, ils peuvent au contraire devenir beaucoup plus visibles. Une peinture légèrement irrégulière, un relief ou une surface qui semble parfaitement correcte au quotidien peuvent apparaître sur une image de près de deux mètres de large.
Le MIRA peut donc parfaitement fonctionner sur un mur blanc, mais si l’objectif est d’obtenir la meilleure image possible, une véritable toile de projection UST constitue une évolution logique. C’est évidemment un élément à intégrer dans le budget global : le projecteur peut être installé très simplement, mais cela ne signifie pas nécessairement que l’installation complète sera gratuite.
Google TV pour retrouver l’usage d’un téléviseur
L’autre bonne idée du MIRA est de ne pas demander à l’utilisateur d’empiler les appareils autour du projecteur. Il embarque Google TV, avec 2 Go de mémoire vive et 64 Go de stockage. Le processeur MediaTek MT9679 et le GPU Mali-G52 assurent le fonctionnement de l’ensemble, tandis que Google Cast et DLNA permettent également de diffuser des contenus depuis d’autres appareils.

À l’arrière du XGIMI MIRA, une connectique complète avec trois HDMI, dont une compatible eARC, deux USB, Ethernet, sortie optique et entrée audio. (Photo Objets du Futur)
C’est un point important dans l’usage quotidien. Le MIRA peut être utilisé comme un véritable téléviseur, avec son interface intégrée et ses possibilités de streaming, sans avoir à lui ajouter systématiquement un boîtier externe. On peut donc imaginer une installation assez épurée : le projecteur devant le mur, une alimentation électrique et, si nécessaire, une connexion avec un système audio.
La connectique laisse d’ailleurs suffisamment de possibilités pour aller plus loin, avec deux prises HDMI dont une compatible eARC, deux ports USB, une prise Ethernet et différentes sorties audio. Le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.2 complètent l’ensemble.
Cette intégration participe beaucoup à la philosophie du produit. Le MIRA n’est pas seulement un appareil qui projette une image : il cherche à devenir le centre d’un système de divertissement, comme peut l’être aujourd’hui un téléviseur connecté.
Une installation beaucoup plus simple qu’avec un projecteur classique
C’est probablement l’un des points sur lesquels le MIRA m’a le plus convaincu. Une partie de la difficulté traditionnelle d’un vidéoprojecteur consiste à obtenir une image correctement cadrée, nette et alignée. Avec un modèle UST, le positionnement au sol ou sur un meuble devant le mur simplifie déjà beaucoup les choses, mais XGIMI ajoute son système ISA 5.0, qui regroupe notamment la mise au point automatique, la correction du trapèze, l’alignement intelligent de l’écran et la détection des obstacles.
Le résultat est une installation qui demande beaucoup moins de manipulations qu’un projecteur traditionnel. Le MIRA mesure 464 × 268 × 122 mm pour 4,8 kg, ce qui reste raisonnable compte tenu de son architecture ultra-courte focale.
J’ai toutefois relevé deux petits détails pratiques qui méritent d’être connus. Le premier concerne l’objectif, qui reste exposé sur le dessus de l’appareil. Il n’y a pas de cache protecteur et la poussière peut donc venir s’y déposer assez facilement. Il faudra simplement prendre l’habitude de le garder propre. Le second concerne la télécommande : toutes les touches ne sont pas rétroéclairées. Dans une pièce plongée dans le noir pour regarder un film, retrouver le bon bouton n’est donc pas toujours aussi simple qu’on pourrait l’espérer.

Le XGIMI MIRA avec son imposante façade habillée de tissu acoustique. (Photo Objets du Futur)
Ce sont de petits détails, mais c’est précisément ce genre de choses qui fait la différence lorsqu’un appareil est utilisé quotidiennement plutôt que simplement installé pour une démonstration.
Un son correct, mais pas vraiment à la hauteur de l’image
Le MIRA dispose d’un système audio Harman Kardon de 36 W, avec deux haut-parleurs large bande de 8 W et un caisson de 20 W. Il prend également en charge différentes technologies audio, notamment DTS Virtual:X et Dolby Audio.
Pour regarder la télévision, une série ou une vidéo YouTube, ce système est parfaitement utilisable. Mais lorsqu’on affiche une image de 100 ou 120 pouces, le niveau d’exigence change forcément. Et c’est là que j’ai trouvé que le son manquait un peu d’ampleur et de relief pour véritablement accompagner l’expérience cinéma proposée par l’image.
Je conseillerais donc, si l’objectif est de constituer une véritable installation home cinéma, de prévoir à terme une barre de son ou un système audio externe. Le MIRA peut fonctionner seul, mais une grande image appelle naturellement un son plus enveloppant. À partir du moment où l’on transforme un mur en écran de deux mètres de large, on finit logiquement par vouloir que le son suive.
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Et pour jouer sur une image de 100 pouces ?
XGIMI n’oublie pas non plus les joueurs. Le MIRA annonce une latence pouvant descendre à 1 ms en 1080p à 240 Hz, dans des conditions précises, avec le mode Jeu, le VRR activé et certaines fonctions désactivées. Il prend également en charge le VRR et l’ALLM ainsi que plusieurs modes d’image dédiés au jeu.

L’objectif du XGIMI MIRA et ses capteurs de protection intégrés, placés au-dessus de la façade audio. (Photo Objets du Futur)
Il faut bien comprendre que cette valeur de 1 ms correspond à cette configuration particulière et non à une promesse générale de latence en 4K. Mais la possibilité de jouer sur une image de très grande taille reste évidemment intéressante. Pour une console ou un PC, le changement d’échelle est spectaculaire et constitue l’un des usages pour lesquels un projecteur UST peut apporter quelque chose qu’un téléviseur classique ne peut pas reproduire aussi facilement.
Le MIRA dans la gamme XGIMI
Ce n’est donc pas la première fois que je découvre un vidéoprojecteur XGIMI. J’ai déjà consacré un test aux Elfin Flip et MoGo 3 Pro, deux mini-projecteurs qui abordent la vidéoprojection sous des angles très différents, entre utilisation domestique et mobilité. J’ai également testé le Horizon Ultra, davantage orienté home cinéma, ainsi que les projecteurs Aura et Aura 2, qui appartiennent à cette famille des appareils ultra-courte focale.
Cette expérience permet justement de mieux comprendre le positionnement du MIRA. Le MoGo 3 Pro et l’Elfin Flip privilégient la compacité et la flexibilité. Le Horizon Ultra adopte une approche plus classique du vidéoprojecteur home cinéma. Avec l’Aura et l’Aura 2, XGIMI a déjà démontré son savoir-faire dans l’ultra-courte focale. Le MIRA reprend cette dernière philosophie, mais dans une approche qui cherche davantage à s’intégrer dans les petits espaces.
C’est finalement ce qui m’intéresse le plus dans ce modèle. Après avoir utilisé plusieurs générations de projecteurs XGIMI, je ne regarde plus seulement la fiche technique : je regarde surtout ce que le produit change réellement dans la vie quotidienne. Et avec le MIRA, la réponse est assez claire. Il ne cherche pas à faire disparaître les contraintes de la projection. Il les déplace. On gagne énormément en recul et en simplicité d’installation, mais on doit en contrepartie disposer d’un mur suffisamment grand, accepter une image de grande taille et porter davantage d’attention à la surface de projection et à la lumière ambiante.
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Alors, peut-on enfin s’offrir un projecteur ultra-courte focale 4K ?
Après mon test du MIRA, ce projecteur me paraît surtout intéressant pour quelqu’un qui veut retrouver l’effet spectaculaire d’une très grande image sans transformer son salon en salle de projection. Son ultra-courte focale règle effectivement l’un des principaux problèmes des vidéoprojecteurs traditionnels : il n’est plus nécessaire de disposer de plusieurs mètres de recul ni d’installer un appareil au milieu de la pièce. Posé devant le mur, le MIRA peut produire une image de 80 à 120 pouces.
Mais cette simplicité ne doit pas masquer les autres paramètres. Il faut avoir la place, accepter que l’image soit réellement grande, disposer si possible d’une surface de projection adaptée et pouvoir assombrir la pièce lorsque l’on veut profiter pleinement de la qualité d’image. Il faut également prévoir que le son intégré, même signé Harman Kardon, ne donnera pas nécessairement la même ampleur qu’une installation audio dédiée.
Le MIRA n’est donc pas simplement un téléviseur géant que l’on pose contre un mur. C’est une autre manière de concevoir l’image à la maison. Et c’est précisément ce qui fait son intérêt. Pour celui qui veut une très grande image sans installer un téléviseur de 100 ou 120 pouces, l’ultra-courte focale apporte une réponse particulièrement intéressante. Mais comme toujours avec un projecteur, la qualité du résultat dépendra autant de l’environnement que de l’appareil lui-même.
Après avoir testé plusieurs modèles XGIMI, c’est finalement ce que je retiens du MIRA : il rend la très grande image beaucoup plus facile à intégrer dans un salon, sans prétendre supprimer les contraintes propres à la projection.
Fiche technique XGIMI MIRA
- Type : Vidéoprojecteur 4K ultra-courte focale
- Technologie : Triple laser RGB / DLP
- Puce : DMD 0,39 pouce
- Définition : 3 840 × 2 160 pixels
- Luminosité : 2 000 lumens ISO
- Contraste : 20 000:1 avec DBLE activé
- Couleurs : 110 % BT.2020
- HDR : Dolby Vision, HDR10+, HLG
- Rapport de projection : 0,175:1
- Taille d’image : 80 à 120 pouces
- Système : Google TV
- Stockage : 64 Go
- Mémoire vive : 2 Go
- Audio : 36 W Harman Kardon
- Gaming : 1 ms à 1080p/240 Hz dans conditions spécifiques, VRR, ALLM
- Connectique : 2 HDMI dont 1 eARC, 2 USB, Ethernet, sorties audio
- Wi-Fi : Wi-Fi 6 double bande
- Bluetooth : 5.2 / BLE
- Dimensions : 464 × 268 × 122 mm
- Poids : 4,8 kg
Les plus et les moins
Très grande image avec très peu de recul
Triple laser RGB et définition 4K
Installation simplifiée grâce aux automatismes
Google TV intégré
Jusqu’à 120 pouces
Format relativement compact pour un projecteur UST
Fonctions gaming avancées
Une diagonale de 80 pouces minimum qui demande de la place
Quelques réglages nécessaires pour obtenir une image naturelle
Moins convaincant dans une pièce très lumineuse
Les défauts d’un mur peuvent devenir très visibles
Une toile UST peut être nécessaire pour optimiser le résultat
Son intégré un peu juste pour une véritable expérience cinéma
Objectif exposé et télécommande pas entièrement rétroéclairée












