Huawei lance en France une nouvelle génération de sa montre dédiée au suivi de la pression artérielle. Plus fine que la précédente, mais toujours équipée de son système de mesure mécanique intégré au bracelet, la Watch D3 entend aller plus loin dans le suivi de la santé.
Prendre sa tension avec une montre connectée n’est plus une simple promesse technologique. Avec la Huawei Watch D3, Huawei poursuit une approche assez particulière : intégrer directement dans le bracelet un système capable de gonfler un coussin d’air pour effectuer la mesure.
J’ai découvert cette nouvelle Watch D3 lors de sa présentation à la presse, organisée le 29 septembre à Paris par Huawei à l’occasion de son lancement en France. La marque y a notamment présenté les évolutions de cette nouvelle génération, avec un accent particulier sur le suivi de la pression artérielle et les nouvelles fonctions de santé connectée.
La nouvelle génération se veut plus fine que la précédente, la Huawei Watch D2, tout en conservant ce principe de mesure mais en ajoutant de nouvelles fonctions de suivi. C’est, sommes toute, le principe d’une évolution.
Une montre connectée pas tout à fait comme les autres
La particularité de la Watch D3 est évidemment son système de mesure de la pression artérielle. Huawei utilise un coussin d’air mécanique intégré au bracelet. Lorsqu’une mesure est lancée, celui-ci se gonfle autour du poignet afin d’effectuer la compression nécessaire. La montre associe ce système à un capteur de haute précision et à un algorithme présenté par Huawei comme adaptatif.
L’intérêt est assez évident : plutôt que de se contenter d’estimer certains paramètres de santé, la montre cherche ici à reproduire le principe d’une véritable mesure de tension. Huawei indique également que la Watch D3 peut réaliser une surveillance ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures, avec des intervalles personnalisables dans la journée. Des mesures peuvent aussi être effectuées manuellement.
La montre peut par ailleurs mesurer la pression avant et après un exercice, afin de suivre son évolution autour d’une activité physique. Huawei précise que son système de suivi de la pression artérielle bénéficie du marquage CE conformément au règlement européen sur les dispositifs médicaux (MDR). Ce qui, en l’espèce, ne veut pas dire « mort de rire ».
Plus fine que la D2, mais toujours avec ce bracelet particulier
La Watch D3 succède donc à la Watch D2, que j’avais testée lors de sa sortie. J’avais alors été assez impressionné par la justesse des informations fournies par la montre, notamment pour le suivi de la pression artérielle. Cette nouvelle génération conserve le même principe de mesure, mais Huawei a travaillé sur son encombrement.
La D2 mesurait 48 × 38 × 13,3 mm. La nouvelle génération passe à 46,5 × 41 × 11,3 mm. Elle gagne donc 2 mm sur l’épaisseur, ce qui n’est pas négligeable pour une montre destinée à être portée au quotidien. En revanche, le poids reste pratiquement identique : environ 40 grammes sans le bracelet dans les deux générations.
Le bracelet lui-même passe de 26,5 mm sur la D2 à 25,5 mm sur la D3. Il conserve surtout son fameux coussin d’air, indispensable au système de mesure de la pression artérielle.
Sur le papier, Huawei a donc surtout travaillé sur l’encombrement de la montre et du système de mesure, sans abandonner le principe qui faisait toute la particularité de la D2. Reste maintenant à savoir si cette évolution se ressent réellement au poignet.
À revoir : mon test de la Huawei Watch D2
▶️ Huawei Watch D2 : la mesure de la tension artérielle au poignet
La tension n’est plus la seule donnée surveillée
Huawei ne présente pas la Watch D3 uniquement comme une montre capable de prendre la tension. La fonction Health Glance doit permettre d’obtenir en environ une minute un bilan regroupant jusqu’à 11 indicateurs de santé, parmi lesquels la fréquence cardiaque, la pression artérielle ou encore la saturation en oxygène dans le sang.
La fonction Health Insights, de son côté, cherche à mettre ces données en perspective avec les tendances observées dans le temps, notamment concernant le sommeil et l’activité. L’idée est donc moins de regarder une valeur isolée que de disposer progressivement d’une vision plus large de son état de santé.
Le regard du praticien
Le Dr Gérald Kierzek, le cathodique médecin urgentiste et chroniqueur de Télématin, était également présent lors de cette présentation pour apporter son éclairage sur l’intérêt de ce type de suivi. Et son intervention était intéressante parce qu’elle permettait de remettre la technologie à sa juste place : mesurer sa tension peut être utile, mais encore faut-il savoir pourquoi et dans quelles conditions.
Pour le médecin, l’intérêt d’une montre comme la Watch D3 n’est surtout pas de transformer notre poignet en poste de surveillance permanent. Il rappelle que la tension artérielle varie naturellement et que la mesurer en continu n’a pas forcément de sens. En revanche, effectuer des mesures à domicile peut être particulièrement intéressant lorsqu’une tension élevée a été constatée chez le médecin, notamment pour vérifier si cette valeur se confirme dans les conditions habituelles de la vie quotidienne.

La Huawei Watch D3 est une montre destinée à être portée au quotidien. (Photo Objets du Futur)
Le Dr Kierzek évoque également le cas de personnes qui consultent peu ou qui n’ont jamais réellement contrôlé leur tension. Une montre capable de réaliser une véritable mesure peut alors constituer, selon lui, un moyen supplémentaire de dépistage et d’alerte. L’objectif n’est pas de poser soi-même un diagnostic, mais de disposer d’une information suffisamment fiable pour savoir quand il devient pertinent d’en parler à un professionnel de santé.
Il insiste d’ailleurs beaucoup sur cette notion de fiabilité. Pour lui, la différence entre un appareil qui estime une donnée et un dispositif médical capable de la mesurer est essentielle. Dans le cas de la tension artérielle, disposer de données fiables et reproductibles permet notamment au médecin de mieux comprendre ce qui se passe en dehors des quelques minutes passées en consultation.
Le conseil du Dr Gérald Kierzek
Ne pas chercher à mesurer sa tension en permanence. Pour le Dr Kierzek, l’intérêt est plutôt de disposer de mesures réalisées dans les bonnes conditions, notamment à domicile, lorsqu’un suivi est nécessaire ou lorsqu’une tension élevée a été constatée.
Il met également en garde contre ce qu’il appelle la « cyberchondrie » : cette tendance à vouloir surveiller en permanence ses données de santé et à s’inquiéter de la moindre variation. La tension artérielle comme la fréquence cardiaque évoluent naturellement au cours de la journée. Une donnée isolée ne doit donc pas devenir une source d’anxiété.
Enfin, le médecin voit dans ces historiques de mesures un possible pont entre le patient et son médecin. Dans le cadre d’un traitement contre l’hypertension, par exemple, disposer de données recueillies à différents moments de la journée peut aider le professionnel de santé à apprécier l’efficacité du traitement et, si nécessaire, à l’adapter.
449,99 euros en France
La Huawei Watch D3 est annoncée à 449,99 euros TTC en France. Elle est commercialisée depuis le 29 septembre 2026, notamment chez Amazon, Fnac-Darty, Boulanger, Orange Store et sur le site de Huawei.
Pour son lancement, Huawei annonce également une Huawei Scale 3 offerte jusqu’au 15 novembre, avec une mécanique différente chez Boulanger où une remise de 20 euros est proposée.
À ce niveau de prix, la Watch D3 ne joue donc pas dans la catégorie des simples bracelets connectés. Son intérêt repose surtout sur son système de mesure de la pression artérielle et sur la possibilité de réunir plusieurs données de santé dans un même appareil.
Maintenant, place au test
Pour l’instant, je m’en tiens donc aux caractéristiques et aux fonctions annoncées par Huawei. Le véritable intérêt de cette Watch D3 se jouera dans l’utilisation quotidienne : est-elle confortable ? Les mesures sont-elles simples à réaliser ? Le bracelet reste-t-il agréable lorsque le système se met à gonfler ? Est-elle facile à porter la nuit ? Et surtout, ces fonctions de suivi apportent-elles quelque chose de réellement utile ?
C’est ce que je vais vérifier dans la suite de l’expérience. Parce qu’une montre capable de prendre votre tension, c’est intéressant. Une montre que l’on a réellement envie de porter tous les jours, c’est une autre question.












