Robots aspirateurs, lave-vitres, tondeuses de jardin, nettoyeurs de piscine, et même compagnons robotiques : à Barcelone, Ecovacs a déroulé une vision très claire de la maison où l’on ne fait plus grand-chose soi-même, si ce n’est choisir quel robot doit s’en charger.
Mardi 10 février, à Barcelone, Ecovacs a réuni la presse européenne pour présenter sa nouvelle vague de produits 2024‑2025, qui arrive concrètement dans nos magasins à partir de février et mars 2026. Au programme : des robots pour les sols (Deebot), pour les vitres (Winbot), pour le jardin (GOAT), pour la piscine (ECOPool P1), et un invité plus inattendu, Lil’ Milo, un chien‑robot en peluche bourré d’intelligence artificielle.
Le fil conducteur de la présentation tenait en un slogan : « Créé pour la facilité ». Autrement dit, Ecovacs ne promet pas seulement plus de puissance ou plus de capteurs, mais la disparition progressive de tâches jugées pénibles : passer l’aspirateur, laver les vitres, tondre le gazon, frotter la ligne d’eau de la piscine. Une vision séduisante sur le papier, mais qui pose aussi une question très concrète : qu’est‑ce que ça change vraiment dans la vie d’un foyer, et à quel prix ?
Ecovacs, du robot aspirateur aux jardins connectés
Fondée en 1998, Ecovacs a commencé comme fabricant pour d’autres marques avant de devenir l’un des acteurs majeurs du robot aspirateur grand public, avec notamment l’un des premiers modèles commercialisés dès 2007 et un robot lave‑vitres dès 2011. En Europe, la marque revendique plus de 15 ans de présence, un entrepôt et un support multilingue, ainsi qu’un hub logistique en Allemagne couvrant plus de 30 pays, histoire de rassurer sur le suivi et le service après‑vente.
Depuis quelques années, la stratégie est claire : s’étendre au‑delà du simple aspirateur pour couvrir toute la maintenance de la maison, du salon au jardin. La gamme GOAT de tondeuses robotisées (comme le GOAT G1 testé par ODF) a déjà commencé à s’installer sur le marché européen, et le nouveau robot piscine ECOPool P1 est pensé comme le maillon manquant pour ceux qui sont déjà équipés d’un robot pour le sol et d’un robot pour le jardin.
Deebot T90 et T80S : le ménage des sols poussé à l’extrême
Rouleau osmotique : la serpillière qui se nettoie en permanence
Au cœur des nouveaux Deebot, Ecovacs met en avant le nettoyage par rouleau osmotique, une technologie lancée en 2024 qui consiste à utiliser un rouleau en contact permanent avec de l’eau fraîche, lavé et essoré en continu. Là où une serpillière classique finit vite par étaler la saleté, ce rouleau est censé conserver un niveau de propreté constant, ce qui est particulièrement intéressant sur des surfaces claires ou des sols qui se salissent vite (animaux, enfants, cuisine).
Autre promesse technique, la fonction PowerBoost : une recharge express de 3 minutes, au milieu d’un cycle, qui redonne environ 10 % de batterie pour éviter d’interrompre trop longtemps le ménage. Concrètement, cela signifie qu’un grand appartement ou une maison de taille moyenne peut être nettoyé en une seule session, avec juste une courte pause, au lieu de devoir fragmenter le nettoyage sur la journée.
Enfin, le système TruePass repose sur une gestion mécanique des seuils : le robot franchit les barres de porte jusqu’à 4 cm. En effet, dans une maison, il n’est pas rare de trouver des tapis épais, des seuils anciens surdimensionnés ou des rails de baies vitrées. Et c’est typiquement le genre de détail qui fait la différence entre un robot qu’on laisse travailler seul et un robot qu’on doit aller décoincer.
Deebot T90 : le modèle vitrine

Le Deebot T90 se place comme le modèle vitrine de la marque.
Le Deebot T90 se place comme le modèle vitrine de cette vague : un robot qui mise autant sur la puissance que sur la simplicité d’usage. Déjà été assez impressionné par l’efficacité des patins du T50 Max Pro testé il y a quelques mois, ce nouveau modèle adopte, lui, un rouleau osmotique élargi à 27 cm, soit 50 % plus long que les générations précédentes, ce qui permet de couvrir plus de surface à chaque passage, utile dans de grands salons ou pièces ouvertes.
La marque met aussi en avant la technologie BLAST, un système d’aspiration et de gestion de la poussière qui vise à maintenir une puissance stable tout en limitant les colmatages et la perte de débit dans le temps. Ajoutez à cela PowerBoost, TruePass et un design aux courbes douces avec des couleurs plus « déco » que purement high‑tech, et vous obtenez un robot qui cherche clairement à se fondre dans le salon plutôt qu’à jouer les machines industrielles. C’est assez réussi.
Côté tarif, Ecovacs prévoit deux variations :
– Deebot T90 Pro à 799 € ;
– Deebot T90 Omni à 699 € ;
avec une arrivée annoncée au 12 mars 2026 chez les grands distributeurs en ligne et en magasin.
Ces prix placent ses modèles face aux robots premium de marques comme Roborock ou Dreame, parfois avec des stations encore plus complètes, mais pas toujours avec ce rouleau osmotique continu. Le pari d’Ecovacs : convaincre ceux qui veulent un ménage très automatisé sans monter au‑delà de la barre psychologique des 800 €. Ce qui est déjà une belle somme à mon sens.
Deebot T80S Omni : la version « concentré technologique »

Le Deebot T80S Omni mise sur une fiche technique dense.
Un cran en dessous au niveau prix, le Deebot T80S Omni mise tout de même sur une fiche technique dense : Osmo Roller 2.0, triple détection d’obstacles, reconnaissance d’objets en AI VI 3D (une forme d’intelligence artificielle capable d’identifier et contourner les objets au sol), et surtout TrueEdge, un système de nettoyage des bords pensé pour venir coller au plus près des plinthes et des coins.
Sur le papier, l’idée est simple : réduire au minimum la fameuse bande de poussière qui reste souvent le long des murs, là où les robots circulaires classiques n’osent pas trop s’approcher. Pour un foyer, cela peut signifier moins de retouches à la main, notamment dans les couloirs, autour des pieds de meubles ou le long des baies vitrées. A vérifier.
Le T80S Omni est annoncé à 649 €, avec une disponibilité, notamment sur Amazon, Boulanger et Darty. Une position de prix qui le rend plus accessible que le T90, tout en conservant beaucoup d’innovations de navigation et de nettoyage des bords.
Les limites à garder en tête
Tout cela semble très séduisant, mais la réalité d’un foyer reste complexe. Plus il y a de technologies (caméras, IA de reconnaissance, rouleaux osmotique à entretenir), plus la maintenance devient elle‑même un sujet : il faudra surveiller les bacs, nettoyer les filtres, vérifier les capteurs, et accepter un niveau sonore parfois élevé lors des phases d’auto‑lavage ou de vidange.
Et, comme toujours avec les robots aspirateurs, la promesse d’« automatisation totale » se heurte aux câbles qui traînent, aux jouets des enfants, aux tapis très foncés ou épais, et à la configuration de chaque logement. Les Deebot les plus modernes s’en sortent bien mieux que les premières générations, mais il faudra des tests en conditions réelles pour voir si T90 et T80S tiennent toutes leurs promesses.
Winbot W3 Omni et Mini 2 : des vitres propres sans sortir le seau

Le Winbot W3 Omni est annoncé capable d’éliminer jusqu’à 96% de la saleté en une minute.
Bonne nouvelle, Ecovacs ne se contente plus seulement des sols : la gamme Winbot poursuit l’idée de confier le lavage des vitres à un robot dédié.
Le Winbot W3 Omni est doté d’une station qui lave automatiquement ses pads (les petites serpillières qu’il utilise pour frotter les vitres), ce qui évite à l’utilisateur de les rincer à la main après chaque session. Son système Vortex Wash en trois étapes (pulvérisation à 360°, brossage intensif, essorage) est annoncé capable d’éliminer jusqu’à 96 % de la saleté en une minute sur une zone donnée, ce qui vise clairement les grandes baies vitrées plein sud qui s’encrassent vite.
Le Winbot Mini 2, lui, vise les foyers qui n’ont pas forcément une façade entièrement vitrée, mais quelques fenêtres difficiles ou dangereuses à atteindre (étages élevés, puits de lumière, vérandas). Plus compact, plus fin, il conserve les brevets essentiels de la marque pour l’adhérence et la sécurité, avec un prix de 299 € et une disponibilité annoncée pour le 12 mars 2026.
Là encore, tout n’est pas parfait : ces robots restent dépendants d’une bonne géométrie de la vitre (bords bien définis, absence de montants trop complexes) et demandent parfois plusieurs passages pour venir à bout des traces les plus anciennes. Et il faut accepter de voir un robot ventousé à ses fenêtres, avec le bruit qui va avec, et surtout la crainte qu’il ne se décroche.
GOAT : la pelouse sans contraintes ni fil périphérique

Goat, une tondeuse autonome et précise.
Sur le jardin, Ecovacs pousse encore plus loin sa gamme GOAT de tondeuses autonomes. L’idée : des robots capables de se déplacer sans fil de délimitation enterré, grâce à une combinaison de LiDAR (un radar laser qui cartographie l’environnement), de caméra et d’algorithmes de navigation avancés.
Le système Holoscope 360 + True Edge TruMark combine un double LiDAR (un module mécanique 360° et un autre à l’avant) à une caméra d’IA pour reconnaître obstacles, bordures, plantations, et générer une cartographie fine du terrain. Ecovacs promet une fiabilité sans satellite (donc moins dépendante des signaux GPS) et une couverture quasi-complète des bords, avec une installation « instantanée » : pas de fil à enterrer, pas d’antennes externes à installer.
La série A (A3000 LiDAR Pro et A6900) cible les grands jardins, avec une plateforme 32 V, un disque à double lame de 33 cm, une capacité annoncée jusqu’à 3 000 m² en 12 heures et des pentes jusqu’à 50 %. La série O (O1200 LiDAR Pro et O600) propose des modèles plus compacts, adaptés aux surfaces plus modestes mais avec des fonctions similaires.
Les prix s’étalent de 649 € pour la GOAT O600 RTK à 2299 € pour la GOAT A3000 LiDAR Pro, avec une mise en vente à partir du 12 février 2026 chez les distributeurs et, pour certains modèles, directement sur le site d’Ecovacs. Cela reste un investissement lourd pour les gros modèles, mais c’est tellement confortable.
Attention néanmoins : si l’absence de fil est un vrai plus, ces systèmes exigent une pelouse assez « lisible » (peu d’objets laissés en permanence, bordures claires, obstacles stables), et leurs performances sur des terrains très accidentés ou très boisés devront être vérifiées sur le terrain.
ECOPool P1 « Ultramarine » : la piscine se nettoie toute seule

L’ECOPool P1 gère les fonds, les parois et la ligne d’eau.
Avec l’ECOPool P1, Ecovacs se lance sur le marché des robots de piscine, déjà bien occupé par des marques historiques. Ici, la promesse est simple : un robot autonome qui gère les fonds, les parois et la ligne d’eau, avec une navigation IMU (un capteur de type centrale inertielle qui suit les mouvements) pour optimiser les trajets et couvrir toute la surface.
Le P1 affiche un débit de 18 m³/heure (soit 18 000 litres par heure) et un système Ultra Scrub avec quatre brosses à rouleaux et une filtration à double couche, ce qui, en pratique, doit permettre de récupérer aussi bien les débris visibles que les particules plus fines. Ecovacs insiste sur la robustesse : résistance au chlore, protection UV, tests en conditions extrêmes, histoire de rassurer ceux qui ont déjà vu des robots piscine rendre l’âme après deux saisons.
Le tarif conseillé est de 549 €, avec une disponibilité annoncée pour le 19 mars 2026. Là encore, ce n’est pas un achat impulsif, mais si l’appareil tient ses promesses sur plusieurs années, il pourrait intéresser toutes les piscines privées qui hésitent encore à passer au robot.
Lil’ Milo : le robot qui veut remplacer Médor (ou presque)

Lil’ Milo, un chien‑robot en peluche pensé comme une alternative aux animaux de compagnie. (Photo Objets du Futur)
Dernier objet présenté dans cet écosystème : Lil’ Milo, un chien‑robot en peluche pensé comme une alternative aux animaux de compagnie traditionnels, notamment pour les familles allergiques nous dit-on, les personnes âgées ou celles qui ne peuvent pas s’engager sur un vrai animal. C’est un concept. Personnellement, l’idée de reporter son affection sur une machine me met particulièrement mal à l’aise. Mais bon, qui suis-je pour juger ?
Ceci étant, Lil’ Milo voit, entend et comprend les paroles : il utilise des caméras, des micros et de l’IA pour reconnaître les membres du foyer, répondre à la voix, suivre les mouvements et adapter son comportement aux interactions. Ecovacs annonce cinq personnalités, sept émotions et vingt‑et‑une nuances de comportements, ce qui signifie que le robot ne se contente pas de répéter trois animations en boucle, mais développe une forme de « caractère » qui évolue dans le temps.
Dans les premières démonstrations, Lil’ Milo pouvait remuer la queue, aboyer par ses haut‑parleurs, bouger la tête et le cou pour suivre des personnes ou des objets, et même générer une chaleur douce pour rendre les câlins plus réalistes. Une application compagnon permettrait de suivre son « humeur » et l’état du robot, ce qui ajoute une couche de « gamification » à la relation.
Reste la grande question : ce charmant compagnon ne va -t-il pas se transformer en espion au sein de votre foyer ? La question est posée. Pour certains, Lil’ Milo sera sans doute plus vu comme un gadget hightech affectif, un peu comme un Tamagotchi 3.0, que comme un animal de compagnie à part entière. Heureusement. Mais c’est un signal fort : Ecovacs regarde déjà au-delà du ménage pour investir le terrain de l’émotionnel à la maison. Pour l’instant, il n’est pas prévu de le voir apparaître sur le marché européen. Mais pour combien de temps.
Des promesses très fortes… et des points de vigilance
En ressortant de cette présentation de Barcelone, une impression domine : Ecovacs veut se positionner comme l’architecte d’un foyer automatisé, du carrelage au gazon, des baies vitrées à la piscine. Si vous le souhaitez, vous pouvez déléguer presque toutes les corvées répétitives à un robot spécialisé.
Mais plusieurs questions se posent pour un utilisateur lambda :
– La multiplication des robots implique aussi la multiplication des stations, des câbles, des applications, des mises à jour.
– Le coût total d’un « foyer Ecovacs » complet (Deebot, Winbot, GOAT, ECOPool, Lil’ Milo) atteint rapidement plusieurs milliers d’euros.
– Les promesses d’IA et de navigation « sans effort » doivent encore prouver leur robustesse dans des maisons et des jardins réels, souvent loin des environnements de démonstration parfaits.
Pour un foyer français moyen, la vraie valeur se jouera dans les compromis : vaut‑il mieux un très bon robot aspirateur plutôt qu’un combo aspirateur + tondeuse + robot vitres moyen ? Faut‑il privilégier un modèle un peu moins sophistiqué, mais plus simple à utiliser au quotidien ? Ces questions resteront au cœur des futurs tests que je ne manquerai pas de mener sur ma chaîne YouTube Objets du Futur.
La gamme Ecovacs 2026
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- Type : Écosystème de robots domestiques (sols, vitres, jardin, piscine, compagnon robotique)
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- Robots sols : Deebot T90 Pro (799 €), T90 Omni (699 €), T80S Omni (649 €)
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- Technologies clés : Rouleau osmotique, PowerBoost, TruePass, Osmo Roller 2.0, TrueEdge, IA VI 3D
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- Robots vitres : Winbot W3 Omni (699 €), Winbot Mini 2 (299 €)
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- Robot piscine : ECOPool P1 « Ultramarine », 18 000 L/h, Ultra Scrub 4 rouleaux, 549 €, dispo 19 mars 2026
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- Tondeuses GOAT série A : A3000 LiDAR Pro (jusqu’à 3000 m², 2299 €), A1600 LiDAR Pro (1499 €)
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- Tondeuses GOAT série O : O1200 LiDAR Pro (999 €), O600 RTK (649 €)
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- Navigation jardin : Holoscope 360, double LiDAR, caméra IA, True Edge TruMark, pas de fil périphérique
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- Compagnon robotique : Lil’ Milo, chien‑robot en peluche, 5 personnalités, 7 émotions, 21 nuances de comportements
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- Disponibilités clés : 12 février 2026 (T80S, GOAT, Winbot W3), 12 mars 2026 (T90, Winbot Mini 2), 19 mars 2026 (ECOPool P1)












