Et si vos cuisses ne lâchaient plus à 15h, au moment où la lumière devient la plus belle sur les pistes ? Et si vos genoux fragiles n’étaient plus une condamnation à regarder les autres skier depuis la terrasse ? Avec le Ski-Mojo, exosquelette mécanique pour sports d’hiver, la promesse est simple : moins de fatigue, plus de confort… mais aussi quelques compromis à assumer.
Quand les cuisses disent stop avant le cœur
Toute personne qui skie régulièrement connaît ce moment précis où les jambes brûlent, les cuisses tremblent et la raison l’emporte sur l’envie de faire “encore une dernière descente”. On se retrouve assis sur une chaise de télésiège, à regarder le domaine skiable en se disant que le corps a dit stop bien avant l’envie.
Pour d’autres, ce n’est pas la fatigue mais les genoux qui parlent. Ligaments croisés opérés, ménisque capricieux, cartilage usé, arthrose : la moindre piste rouge se transforme alors en exercice de survie, avec une appréhension insidieuse à chaque compression et chaque plaque de neige dure.
C’est précisément là que le Ski-Mojo entend changer la donne. Cet exosquelette 100 % mécanique, qui se fixe sur vos jambes et vos chaussures de ski, promet de soulager les articulations, d’alléger la charge sur les muscles et de vous permettre de skier plus longtemps, plus sereinement, sans transformer le ski en activité assistée façon robot.
Et rassurez-vous, que vous soyez expert ou débutant, pour peu peu que vous mesuriez au moins 1,55 mètres et que vous maîtrisiez les bases du ski en flexion-extension, vous allez pouvoir en profiter.
Conception & prise en main : un exosquelette… qui veut rester discret
Pour vous j’ai testé le Ski-Mojo pendant une semaine en montagne. Alors qu’est-ce que le Ski-Mojo et qu’en ai-je pensé?
Le Ski-Mojo se présente comme une sorte de super-genouillère articulée, composée d’un harnais qui s’attache autour du bassin, de deux barres latérales sur chaque jambe, et de ressorts intégrés qui assurent l’assistance mécanique. L’ensemble vient se fixer directement aux chaussures de ski, qui servent de point d’appui pour le système.
Visuellement, on est plus proche d’un équipement médical ou d’un accessoire de science-fiction que d’un simple accessoire de ski. En tout cas, succès garanti aux remontées mécaniques : le Ski-Mojo ne vous fera pas passer inaperçu. Si vous êtes du genre timide, le dispositif peut également se porter sous le pantalon de ski, ce qui le rend relativement discret à condition de choisir un pantalon suffisamment ample. Une fois équipé, si l’on sent que quelque chose entoure les jambes, le dispositif n’est en rien dérangeant. Il a été conçu pour suivre les mouvements naturels de flexion et d’extension du ski.
Côté encombrement, le Ski-Mojo pèse autour de 1,6 kg pour la version Silver, ce qui ne représente rien rapporté au poids du skieur équipé et à l’ensemble du matériel (chaussures, skis, vêtements). Ce poids ne se ressent aucunement en descente, où les ressorts participent à l’effort, mais peut être plus présent lors des déplacements à pied ou dans les files d’attente de remontées mécaniques, lorsque le système est débrayé ou lorsque l’on marche en terrain plat. Là encore, rien de rédhibitoire, personnellement je l’ai totalement oublié une fois positionné.
Une installation simple qui peut être confiée à un revendeur
La première mise en place du dispositif demande un peu de temps : il faut ajuster la longueur des jambes de l’exosquelette à sa morphologie, régler le harnais, puis apprendre à accrocher et décrocher le système des chaussures de ski. Sur ce point, le manuel utilisateur est suffisamment bien fait pour que tout un chacun s’en sorte sans problème particulier.

Le Ski-Mojo, un objet Made in France. (Photo Objets du Futur)
Sachez tout de même que si vous ne voulez pas vous embarrasser de ces réglages, le revendeur en station se fera un plaisir de vous offrir ses compétences. Vous pourrez même louer les Ski-Mojo pour une journée découverte de l’exosquelette. Une fois la phase d’apprivoisement passée, la mise en place devient plus automatique, mais il faut accepter une courbe d’apprentissage, surtout pour celles et ceux qui aiment voyager léger en station.
Fonctionnalités & technologies : un ressort au service de vos genoux
Le Ski-Mojo est un exosquelette 100 % mécanique, c’est-à-dire qu’il ne dépend ni de batterie, ni d’électronique, ni de moteur. Ca change des objets connectés qui envahissent notre quotidien. L’assistance repose sur de puissants ressorts de compression qui prennent en charge une partie du poids de votre corps et redonnent cette énergie au moment opportun.
Concrètement, lors de la phase de flexion – quand vous descendez sur les jambes pour absorber les irrégularités de la piste ou enchaîner les virages –, le système se comprime, ce qui réduit la pression sur les genoux et sur les quadriceps, les gros muscles de l’avant de la cuisse. Lors de l’extension – quand vous remontez –, les ressorts restituent une partie de cette énergie, comme un amortisseur inversé, aidant vos muscles à se déployer. C’est ce qu’on appelle une assistance musculaire passive : la mécanique amplifie votre geste sans le remplacer.
Selon le fabricant, le Ski-Mojo permettrait de réduire d’environ un tiers la charge ressentie sur les jambes et de diminuer la fatigue musculaire de 30 à 40 %. Pour un garçon comme moi, avoir la sensation de ne peser plus que 70 kg sur mes skis, a quelque chose qui me rappelle mes 18 ans… Mais ça, c’est une autre histoire. En tout état de cause, cela se traduit par la possibilité de skier plus longtemps, de conserver une meilleure qualité technique en fin de journée, et de limiter les courbatures du lendemain. Merci pour ça. J’ai réellement plus profité de ma semaine de ski . J’ai pris plus de plaisir, plus longtemps et sans aucune douleur. C’est assez déstabilisant et étonnant car cela s’est ressenti dès la première piste, j’y croyais à peine!

Le mécanisme du Ski-Mojo est maintenu aux jambes très simplement à l’aide d’un harnais et de bandes Velcro.
Choisir son Ski-Mojo selon son poids
Autre fonction importante : le système agirait comme un amortisseur de chocs, en réduisant les vibrations et impacts qui remontent des skis vers les genoux, les hanches et le bas du dos. Pour les skieurs souffrant de douleurs articulaires, notamment au niveau des ligaments ou du cartilage, cette capacité à lisser les contraintes peut faire une différence très concrète dans la tolérance à l’effort.
Le choix du modèle ne se fait pas en fonction de la taille, mais du poids de l’utilisateur : différentes versions (Blue, Silver, Gold) couvrent des plages de poids, le tout avec, comme précisé plus haut, une taille minimum d’environ 1,55 m pour garantir un bon ajustement. L’idée est que la puissance des ressorts corresponde à la charge réelle du corps, afin d’offrir un soutien perceptible, mais pas artificiel ou déséquilibrant.
À l’usage au quotidien : moins de brûlure, plus de descentes…
Pour les skieurs avec genoux fragiles, l’effet est ressenti dès les premières descentes : moins d’appréhension dans les bosses, les changements de neige et les passages difficiles. On observe une sensation de “coussin” mécanique qui absorbe une partie des compressions. Ce qui facilite la reprise du ski après blessure mais aussi d’allonger d’une ou deux heures la durée de ski quotidienne, sans payer le prix fort le soir ou le lendemain.
La vie avec un Ski-Mojo réclame pourtant des exercices auxquels il va falloir vous livrer. Il faut gérer l’activation et la désactivation du système : l’exosquelette est débrayable, ce qui permet, par exemple, de s’asseoir normalement dans un télésiège sans vous retrouver avec des jambes raides, réclamant l’arrêt du télésiège par les techniciens (situation vécue et toujours gênante), ou de marcher sans assistance. Cela demande donc un minimum de manipulation: un simple bouton pression est à activer ou désactiver sur chaque jambe. Lorsque l’on marche, on peut parfois avoir la sensation parfois que le harnais descend, mais généralement, l’exercice se passe presque de manière transparente.
…et le regard des autres skieurs
Il faut aussi mentionner la dimension psychologique : même si le Ski-Mojo peut sans problème se porter sous le pantalon et reste relativement discret, l’idée d’utiliser un exosquelette pour faire du ski ne plaît pas à tout le monde. Si certains skieurs assument pleinement cet outil, au même titre qu’un casque ou une dorsale, d’autres se demandent s’ils ne trichent pas un peu, ou craignent le regard d’autrui. Pour ma part j’ai été très à l’aise: le Ski-Mojo me faisait plus l’effet d’un équipement spécifique pour sportif que d’un dispositif para-médical. Ma tenue étant noire, il se faisait de surcroîtassez discret.
Enfin, le confort dépend beaucoup du réglage initial : une longueur mal ajustée ou une tension de ressort inadaptée peuvent nuire à la sensation de naturel et donner l’impression de lutter contre la mécanique plutôt que de la laisser vous accompagner. Un bon accompagnement au premier réglage (magasin spécialisé, démonstration, location test) change énormément l’expérience utilisateur.
Performances & limites : un allié puissant, mais pas magique
Sur le plan des performances, le Ski-Mojo tient ses promesses : moins d’effort musculaire, moins de fatigue, plus de temps de ski, et souvent une meilleure qualité de geste dans la durée, pour peu que la technique de base soit déjà correcte. En pratique, cela signifie des journées plus longues, un rayon d’action élargi sur le domaine, et une fin de journée moins subie, ce qui peut transformer l’expérience pour les skieurs occasionnels comme pour les passionnés. Quelle satisfaction de pouvoir suivre les plus jeunes sans les trop les ralentir!
Le dispositif contribue également à rééquilibrer le travail musculaire entre quadriceps et ischio-jambiers – les muscles de l’arrière de la cuisse –, ce qui, en théorie, participe à une meilleure protection des ligaments croisés antérieurs et à une stabilité accrue, notamment sur neiges dures ou à haute vitesse. Pour des skieurs qui enchaînent les saisons avec des antécédents de genou, ce type d’aide mécanique peut représenter une corde de plus à l’arc de la prévention.
Mais le Ski-Mojo n’est pas une baguette magique. Il ne remplace ni la technique ni la condition physique : un skieur qui descend jambes raides, sans véritable flexion-extension, tirera beaucoup moins de bénéfices du système, voire aura l’impression de porter un dispositif inutile. De même, un mauvais niveau technique sur pistes très difficiles ne sera pas miraculeusement corrigé par l’exosquelette. Attention aux imprudences.
Enfin n’oubliez pas que si l’exosquelette peut soulager, il ne “répare” pas un genou abîmé, là il faut consulter, et ne doit pas servir de prétexte pour ignorer ses propres limites.
Un investissement qui doit se rentabiliser
Le Ski-Mojo se positionne clairement comme un équipement haut de gamme, avec un tarif qui se situe à un peu moins de 700 euros euros. Ce n’est donc pas un gadget impulsif, mais un investissement que l’on calcule souvent en journées de ski gagnées, en saison prolongée ou en confort retrouvé.
Pour contourner la barrière du prix, certains magasins proposent, nous l’avons dit, la location de Ski-Mojo pour un ou plusieurs jours, afin de tester l’équipement avant achat. Cette approche paraît particulièrement pertinente : elle permet de vérifier que l’on supporte bien la sensation mécanique, que l’apport est réel sur ses propres douleurs, et que l’on est prêt à assumer ce type d’équipement sur les pistes. Les revendeurs approchés estiment qu’une fois qu’un client a fait l’essai il ne veut plus s’en séparer. Je confirme.
Pour qui le Ski-Mojo a-t-il vraiment du sens ?
Le Ski-Mojo n’est pas un simple accessoire de mode pour skieur connecté. C’est un outil mécanique, assez sophistiqué dans son usage, pensé pour répondre à un problème très concret : la fatigue musculaire et la souffrance articulaire qui raccourcissent les journées de ski ou condamnent certains à renoncer au plair de la glisse.
Il prend tout son sens pour plusieurs profils : les skieurs et skieuses avec antécédents de blessure au genou, qui veulent prolonger quelques années de ski sans systématiquement finir leur journée avec glace et anti-inflammatoires ; les passionnés qui veulent multiplier les descentes dans la journée, sur piste ou en hors-piste, sans voir leur technique se dégrader à cause de la fatigue ou de l’âge; les pratiquants occasionnels peu entraînés, qui souhaitent profiter pleinement d’une semaine au ski sans “exploser” dès le deuxième jour.
Le Ski-Mojo ne remplace pas une bonne préparation physique, mais il peut devenir un allié précieux pour continuer à vivre sa passion malgré les années ou les blessures. Le Ski-Mojo n’est pas un gadget, c’est un outil de compensation et de confort qui, bien réglé et bien assumé, peut redonner du relief à une saison de ski. À condition d’accepter le prix, le regard des autres… et l’idée que, parfois, le futur du ski passe aussi par un peu de mécanique.
Fiche technique Ski-Mojo
- Type : Exosquelette mécanique d’assistance pour ski et snowboard
- Principe : Ressorts de compression prenant en charge environ 1/3 du poids du corps
- Objectif : Réduction de la fatigue musculaire et des contraintes sur genoux, hanches et dos
- Poids de l’exosquelette : Environ 1,65 kg (version Silver)
- Modèles : Blue, Silver, Gold selon le poids de l’utilisateur
- Plage de poids : < 57 kg (Blue), 57–80 kg (Silver), > 80 kg (Gold) selon distributeur
- Taille minimale utilisateur : Environ 1,55 m
- Réglages : Longueur des jambes ajustable, tension de ressort réglable
- Utilisation : Ski alpin, snowboard, télémark, pratique sur pistes et hors-pistes
- Caractéristiques clés : Système débrayable, port possible sous le pantalon, compatibilité avec chaussures de ski classiques
- Bénéfices annoncés : Diminution de 30 à 40 % de la fatigue musculaire, réduction des douleurs et amélioration de l’endurance
- Prix indicatif : Environ 700 à 900 € selon version et revendeur
- Cible principale : Skieurs avec genoux sensibles, manque de condition physique ou souhait d’allonger la durée des séances
- Garantie : 2 ans
Les plus et les moins du Ski-Mojo
Soulagement musculaire et articulaire très net, permettant de skier plus longtemps avec moins de fatigue
Aide précieuse pour les genoux fragiles ou les skieurs en manque de condition physique
Système 100 % mécanique, sans batterie ni électronique, donc pas de panne liée au froid
Port relativement discret sous un pantalon ample, avec système débrayable pour les phases de repos
Prix élevé qui impose un usage régulier ou des besoins spécifiques pour être justifié
Courbe d’apprentissage et réglages indispensables pour éviter l’inconfort ou la sensation de contrainte
Très légère perte de sensations fines dans les skis possible, surtout pour les skieurs très techniques
Encombrement et petites gênes possibles en marche ou en station, avec besoin de repositionner parfois le système













