Avec leur triple objectif, leur suivi automatique et leur panneau solaire, les eufyCam S4 veulent surveiller une grande partie de la maison avec un minimum de caméras. Je les ai testées pour voir si cette solution tient réellement ses promesses.
Surveiller une maison avec une caméra extérieure est finalement assez simple… jusqu’au moment où quelqu’un sort de son champ de vision. Une caméra fixe peut parfaitement surveiller une entrée, un portail ou une terrasse, mais elle ne peut évidemment pas regarder derrière elle. La solution consiste alors à multiplier les caméras.
C’est précisément le problème auquel les eufyCam S4 veulent répondre. Chaque caméra associe une optique fixe 4K à une caméra PTZ motorisée équipée de deux objectifs 2K. La première conserve une vue d’ensemble tandis que la seconde peut pivoter, zoomer et suivre automatiquement un sujet.
J’ai testé le kit de deux eufyCam S4 pour voir ce que cette combinaison apporte réellement au quotidien. Et si le système m’a convaincu sur plusieurs points, notamment la qualité d’image, le suivi et l’autonomie solaire, j’ai également relevé quelques petits défauts. Nous les verrons plus tard.
Trois objectifs pour réduire les angles morts
La particularité de la S4 saute immédiatement aux yeux. Sous son imposant panneau solaire se trouvent trois objectifs répartis sur deux systèmes de prise de vue.
La partie supérieure est une caméra Bullet 4K fixe. Elle offre un champ de vision de 130° et reste constamment dirigée vers la zone que l’on souhaite surveiller. Sous cette caméra se trouve la partie PTZ, équipée de deux objectifs 2K et capable de pivoter à 360°. Elle peut ainsi s’intéresser à une personne ou à un véhicule détecté dans la scène.

La partie PTZ des eufyCam S4 peut pivoter à 360° pour suivre un sujet détecté dans la zone surveillée.
C’est cette association qui fait l’intérêt de la S4.
La caméra fixe continue de surveiller la scène pendant que la partie motorisée suit le mouvement. On évite ainsi le principal défaut d’une caméra PTZ classique : lorsqu’elle tourne vers un sujet, elle ne regarde plus nécessairement la zone qu’elle surveillait quelques secondes auparavant. Et c’est ce point que certains malfaisants peuvent exploiter.
Avec la S4, la vue générale reste disponible tandis que la partie motorisée peut aller chercher davantage de détails. Les angles morts sont donc fortement réduits, et c’est probablement le premier avantage que j’ai retenu de cette caméra.
Le suivi automatique est le vrai point fort de la S4
La fonction qui m’a le plus intéressé est le suivi Bullet-vers-PTZ. Le principe est assez facile à comprendre. La caméra fixe détecte un sujet puis transmet le suivi à la caméra motorisée. Celle-ci peut alors se tourner vers lui, le suivre et effectuer un rapprochement.
À l’usage, le système fonctionne bien et donne une impression assez différente de celle procurée par une caméra fixe traditionnelle.
L’intelligence artificielle permet également de distinguer les personnes, les véhicules et les animaux, tandis que le système peut suivre un sujet d’une caméra à l’autre lorsque plusieurs caméras sont installées.
J’ai néanmoins constaté quelques ratés. Une voiture peut par exemple être mal détectée lorsqu’elle passe relativement près alors qu’un piéton beaucoup plus éloigné peut être parfaitement identifié.
Le placement de la caméra joue donc un rôle important. Il faut trouver le bon compromis entre hauteur, inclinaison et zone surveillée. Une caméra très performante ne pourra jamais compenser complètement un mauvais positionnement. C’est un point à ne pas négliger lors de l’installation.

La partie PTZ des eufyCam S4 peut pivoter à 360° pour suivre un sujet détecté dans la zone surveillée.
Une très bonne qualité d’image, y compris la nuit
Sur la qualité d’image, les S4 m’ont donné satisfaction. La caméra fixe filme en 4K UHD, tandis que la partie PTZ utilise deux capteurs 2K. Le constructeur annonce également un zoom hybride 8×.
De jour, l’image est détaillée et permet de conserver une bonne quantité d’informations dans la scène.
Mais c’est surtout la nuit que j’ai trouvé le résultat intéressant. La S4 combine vision infrarouge et vision nocturne en couleur grâce à ses projecteurs. La caméra peut ainsi conserver une image exploitable même lorsque la luminosité baisse fortement.
Dans mon utilisation, la lisibilité nocturne est très bonne. Les détails restent suffisamment précis pour notamment permettre de distinguer des plaques d’immatriculation dans de bonnes conditions.
Pour une caméra de surveillance, c’est évidemment un élément essentiel. Une excellente image en plein jour ne sert pas à grand-chose si elle devient inexploitable dès que la nuit tombe.
Le panneau solaire m’évite surtout une corvée
Autre point qui m’a réellement plu : l’alimentation solaire. La S4 possède un grand panneau SolarPlus 2.0 de 5,5 W. Celui-ci est intégré à la caméra, mais peut également être installé séparément selon la configuration choisie.
Dans mon utilisation, le panneau solaire s’est montré particulièrement efficace pour maintenir la batterie chargée. Et c’est exactement le genre de fonction que j’attends d’une caméra extérieure. Une fois une caméra installée en hauteur, je n’ai aucune envie de sortir régulièrement une échelle pour la démonter, la rentrer à la maison et la brancher sur secteur.

La batterie de 10 000 mAh est remplaçable.
, ce qui constitue un autre avantage intéressant pour conserver la caméra opérationnelle dans le temps. Pour moi, l’alimentation solaire est donc loin d’être un simple argument marketing : elle apporte un vrai confort au quotidien.
Pas d’abonnement obligatoire, et c’est une bonne nouvelle
La S4 peut fonctionner sans HomeBase et sans abonnement cloud obligatoire.
Elle intègre 32 Go de stockage, avec la possibilité d’ajouter une carte microSD jusqu’à 256 Go. La HomeBase S380, également appelée HomeBase 3, apporte pour sa part des fonctions supplémentaires, notamment l’intelligence artificielle BionicMind et un stockage centralisé. C’est un avantage important pour moi.
Une caméra de surveillance peut rapidement devenir coûteuse lorsqu’il faut ajouter chaque mois un abonnement pour accéder à ses enregistrements. Ici, il est possible de conserver ses vidéos localement.
La HomeBase 3 reste cependant intéressante dans une installation comprenant plusieurs caméras. Elle permet de centraliser davantage le système et d’accéder à des fonctions avancées de reconnaissance et de gestion des événements.
Il faut donc bien distinguer les deux choses : la HomeBase n’est pas indispensable pour faire fonctionner la S4, mais elle peut devenir intéressante lorsqu’on veut construire un véritable système de vidéosurveillance eufy.
L’application eufy centralise la surveillance
L’application eufy est le centre de contrôle des eufyCam S4. Elle permet d’accéder au direct, de consulter les enregistrements et de gérer les paramètres de détection et de notification.
J’ai notamment apprécié la possibilité de visualiser les deux vues de la caméra : la caméra fixe conserve la vue d’ensemble tandis que la partie PTZ peut suivre un sujet ou être orientée manuellement vers une zone précise.
L’application permet également de définir des zones d’activité afin d’éviter de recevoir des alertes pour des mouvements qui ne présentent pas d’intérêt. Avec la HomeBase 3, elle donne accès à des fonctions supplémentaires comme le suivi intercaméras.
L’ensemble reste assez simple à prendre en main et complète bien le fonctionnement des caméras. C’est finalement depuis l’application que l’on profite pleinement des possibilités offertes par la S4.
Une caméra efficace, mais difficile à oublier
C’est probablement mon principal reproche : La eufyCam S4 est imposante.
Le double système de prise de vue, la motorisation et surtout le grand panneau solaire donnent naissance à une caméra assez volumineuse. Une fois installée sur une façade, elle ne passe donc pas vraiment inaperçue. Et personnellement, j’aurais préféré que la chose soit plus discrète.

Ici la version eufyCam S4 2Cam-Kit.
Dans un jardin, je peux parfaitement comprendre l’intérêt de surveiller une terrasse, une piscine ou une entrée. Mais lorsque je suis tranquillement installé pour prendre l’apéro dans le jardin, je n’ai pas forcément envie d’avoir en permanence l’impression d’être observé et filmé.
C’est évidemment un compromis entre efficacité et discrétion. Mais il faut en avoir conscience avant l’achat.
Une sirène pour compléter la surveillance
La S4 ne se contente pas d’enregistrer. Lorsqu’une menace est détectée dans une zone et selon les paramètres définis, elle peut déclencher une sirène de 105 dB, accompagnée de signaux lumineux rouges et bleus. C’est un système de dissuasion active intéressant.
La caméra ne se contente donc plus de constater qu’une personne entre dans une zone surveillée : elle peut également tenter de la faire fuir. Je considère toutefois cette fonction comme un complément à la surveillance et non comme une garantie contre une intrusion.
Attention à la qualité du Wi-Fi
Il y a un autre élément auquel il faut penser avant d’installer les S4 : la qualité du réseau Wi-Fi extérieur.
Les flux vidéo en 4K et 2K demandent évidemment davantage de bande passante qu’une simple caméra Full HD. Dans mon utilisation, j’ai constaté que lorsque la couverture Wi-Fi est insuffisante, l’affichage du direct peut devenir lent. Il faut donc prendre le temps de choisir le bon emplacement.
Une caméra installée à l’autre bout du jardin, derrière plusieurs murs ou dans une zone où le Wi-Fi est déjà faible risque de ne pas donner la meilleure expérience possible, même si ses caractéristiques techniques sont excellentes. C’est donc un point à vérifier avant de fixer définitivement la caméra.
IP65 : suffisant pour l’extérieur, mais j’aurais préféré mieux
La S4 bénéficie d’une certification IP65. Elle est donc protégée contre la poussière et les projections d’eau et conçue pour une utilisation extérieure. Pour un usage extérieur classique, c’est suffisant.
Mais sur une caméra aussi haut de gamme, j’aurais personnellement préféré une certification IP66 ou IP67, qui aurait apporté une marge supplémentaire face aux conditions météorologiques les plus difficiles.
Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est un détail qui aurait renforcé la confiance dans une caméra destinée à rester dehors toute l’année.
Alors, faut-il acheter les eufyCam S4 ?
Après ce test, je retiens surtout une chose : les eufyCam S4 ne sont pas de simples caméras de surveillance extérieure. Leur intérêt vient de l’association entre une caméra fixe 4K, une partie PTZ 2K motorisée à 360°, le suivi automatique, l’intelligence artificielle et l’alimentation solaire.
Dans mon utilisation, c’est surtout la capacité à conserver une vue générale tout en suivant automatiquement un sujet qui fait la différence. La qualité d’image est également au rendez-vous, y compris la nuit, tandis que le panneau solaire m’évite une corvée de recharge régulière.
L’absence d’abonnement obligatoire est également un vrai plus, tout comme la possibilité d’ajouter une HomeBase 3 pour faire évoluer le système. Mais il faut accepter deux contreparties : le prix et le gabarit.
À 799 € le kit de deux caméras au moment de la rédaction, on est clairement dans le haut de gamme de la vidéosurveillance grand public.
Pour moi, les eufyCam S4 s’adressent donc surtout à celui qui veut surveiller une grande propriété avec un nombre limité de caméras, tout en évitant les abonnements mensuels.
Si votre priorité est la discrétion ou si vous avez simplement besoin de surveiller une petite zone, je regarderais plutôt du côté de modèles plus compacts et moins coûteux.
La S4 est une caméra très complète. Elle ne cherche pas à être discrète : elle cherche à voir le plus possible. Et sur ce point, elle remplit plutôt bien son contrat.
Fiche technique eufyCam S4
|
Les plus et les moins
|













