Avec une caméra de 100 000 pixels, de l’intelligence artificielle et un jet de bain de bouche capable de cibler les espaces entre les dents, Dyson veut changer notre façon de nous brosser les dents.
Se brosser les dents est probablement l’un des gestes les plus banals de notre quotidien. Pourtant, il existe une partie de la bouche que nous nettoyons beaucoup moins facilement : les espaces entre les dents. Le fil dentaire est justement prévu pour cela, mais encore faut-il penser à l’utiliser régulièrement. Selon les chiffres communiqués par Dyson, neuf personnes sur dix ne l’utiliseraient pas aussi souvent qu’elles le devraient — en faites-vous partie ? Le constructeur rappelle également que nous consacrons en moyenne seulement 45 secondes au brossage, bien loin des deux minutes généralement recommandées.
C’est à partir de ce problème très concret que Dyson a imaginé CameraJet. Présentée à Paris le 1er septembre 2026, cette nouvelle brosse à dents électrique associe une tête de brossage sonique à une caméra, de l’intelligence artificielle et un système capable de projeter automatiquement un jet de bain de bouche vers les espaces interdentaires. Plutôt que d’ajouter une étape supplémentaire à la routine, Dyson cherche donc à intégrer directement ce nettoyage au moment du brossage. Révolutionnaire ?
Et si la brosse pouvait voir où elle doit nettoyer ?
C’est ici que CameraJet change véritablement de philosophie. Sous la tête de brossage, Dyson a installé une caméra macro de 100 000 pixels capable d’analyser jusqu’à 28 images par seconde. Elle ne se contente pas de filmer l’intérieur de la bouche : elle cherche à reconnaître les espaces entre les dents afin de permettre au système de déterminer où intervenir. Derrière cette fonction se trouve Gap Optical Targeting™, un algorithme d’apprentissage automatique développé par Dyson à partir de plus de 470 000 images dentaires. Lorsque l’un de ces espaces est identifié, le jet de bain de bouche est déclenché en moins de 100 millisecondes, selon le constructeur.
Sous la tête de brossage, Dyson a installé une caméra macro de 100 000 pixels capable d’analyser jusqu’à 28 images par seconde.
L’intérêt du concept apparaît alors assez clairement. Le brossage et le nettoyage interdentaire, habituellement réalisés en deux temps, sont ici réunis dans une même routine. Pendant que la tête travaille sur les surfaces des dents, la caméra cherche les espaces entre elles et le système tente d’y envoyer le liquide au moment opportun. La marque indique que sa Dyson CameraJet fonctionne grâce à quelque 16 millions de lignes de code, ce qui donne une idée de la quantité de traitement informatique nécessaire pour transformer un geste aussi simple que le brossage en une opération capable de réagir à ce qu’elle voit.
Mais pour que cette idée fonctionne, encore faut-il que le jet soit adapté à cette utilisation. Dyson a donc travaillé sur sa forme et utilise un jet conique composé de nombreuses microgouttelettes projetées en éventail. Le constructeur explique avoir comparé cette solution à des jets plus fins de type « aiguille » et estime que son approche permet de couvrir une zone plus large tout en utilisant une pression plus faible. Ces travaux ont notamment été réalisés avec la Faculté de médecine dentaire de l’Université nationale de Singapour, avec laquelle Dyson a développé une plaque de substitution destinée à reproduire l’adhérence de la plaque dentaire lors des essais en laboratoire.
Une technologie qui doit fonctionner même lorsque la brosse change de position
Cette volonté de cibler précisément les espaces entre les dents impose également de gérer un problème beaucoup plus terre à terre : le liquide doit continuer à arriver correctement lorsque l’on change l’orientation de l’appareil dans la bouche. CameraJet dispose pour cela d’un petit réservoir de 12,5 ml associé à une pompe à diaphragme et à une chambre de pression. Dyson parle de « réservoir anti-gravité » pour expliquer cette conception destinée à éviter que de l’air ne soit aspiré lorsque la brosse est inclinée.
Ce détail prend tout son sens lorsqu’on passe des dents de devant à celles situées à l’arrière de la bouche. L’appareil peut alors être tenu de différentes manières tout en devant continuer à délivrer le bain de bouche. La station d’accueil accompagne cette logique puisqu’elle permet de recharger l’appareil, remplir son réservoir et le ranger verticalement. Le communiqué français annonce un remplissage en cinq secondes et un étui de voyage est fourni avec le kit.
Dyson a également revu la tête de brossage elle-même. Elle associe deux types de poils, les plus fermes à l’intérieur étant destinés notamment aux taches de surface tandis que les poils extérieurs, plus souples, travaillent le long de la ligne gingivale. Une lentille doit par ailleurs élargir le champ de vision de la caméra. Chaque tête embarque enfin une puce RFID capable d’être reconnue par l’appareil et de suivre son utilisation afin de signaler son remplacement. Une version Sensitive est également prévue pour les dents et gencives sensibles.
Une brosse à dents qui peut aussi montrer ce qu’elle voit
La caméra ne sert cependant pas uniquement au déclenchement automatique du jet. Associée à l’application MyDyson™, elle peut également permettre à l’utilisateur de visualiser en direct ce que regarde l’appareil, à la manière d’un petit endoscope. Dyson propose autour de cette fonction un nettoyage guidé, une cartographie de la couverture du brossage et des retours personnalisés permettant de repérer les zones qui ont été correctement nettoyées ou celles qui le sont moins.
Le constructeur insiste également sur la confidentialité de cette fonction. Selon Dyson, la caméra n’est active que pendant la visualisation en direct ou en mode Jet automatique et aucune image n’est enregistrée ou stockée sur l’appareil ou dans le cloud. Une précaution qui fera sourire quant à l’exploitation potentielle des images de nos molaires, mais qui a le mérite de rassurer sur la gestion des données locales. L’appareil fonctionne en Wi-Fi 2,4 GHz et Bluetooth, et l’utilisateur peut choisir entre un mode Jet automatique et un mode manuel tout en ajustant l’intensité du brossage.
Cette logique va même jusqu’aux produits utilisés avec l’appareil. Dyson lance un dentifrice non moussant ainsi qu’un bain de bouche peu moussant, spécialement conçus pour fonctionner avec le système. Le constructeur explique notamment que l’absence de mousse doit permettre à la caméra de conserver une détection précise des espaces interdentaires. Le bain de bouche est proposé en Menthe Verte et Menthe Gingembre, tandis que le dentifrice existe également en version Menthe Poivrée Sensitive.
L’objet devient donc plus qu’une simple brosse électrique : Dyson cherche à construire autour d’elle un écosystème complet d’hygiène bucco-dentaire, depuis le brossage jusqu’au nettoyage interdentaire et aux produits consommables. Ils sont malins.
Les premiers retours sont encourageants, mais il faudra apprendre à maîtriser la chose
Les premiers journalistes qui ont pu essayer la Dyson CameraJet depuis son lancement dressent un tableau plutôt intéressant. La technologie semble suffisamment aboutie pour produire une expérience de nettoyage convaincante, mais les premières prises en main font également apparaître une courbe d’apprentissage. Il faut notamment apprendre à positionner correctement l’appareil et à comprendre comment utiliser le jet sans transformer le miroir de la salle de bains en cible secondaire.
Le format, plus imposant qu’une brosse à dents traditionnelle, fait également partie des premières remarques. Certaines positions dans la bouche peuvent par ailleurs compliquer la visibilité de la caméra, ce qui rappelle une chose importante : l’intelligence embarquée ne fait pas tout à la place de l’utilisateur. Il faut encore apprendre à tenir et déplacer correctement l’appareil.
Ces premières impressions sont intéressantes parce qu’elles permettent de dépasser un peu le discours technique du constructeur, mais elles restent forcément limitées. Quelques jours d’utilisation ne suffisent pas à déterminer si cette nouvelle façon de se brosser les dents apporte un bénéfice durable. C’est justement cette question qui devra être vérifiée sur une période beaucoup plus longue.

Dyson cherche à construire autour de sa CameraJet un écosystème complet d’hygiène bucco-dentaire.
Dyson avance de son côté plusieurs résultats issus de ses propres essais. Le constructeur affirme notamment que CameraJet aurait permis d’obtenir 58 % de plaque en moins après quatre semaines par rapport à une brosse à dents manuelle et communique également sur des améliorations de différents indicateurs liés à la santé des gencives.
Ces chiffres doivent cependant rester à leur place : ce sont des résultats communiqués par Dyson et non ceux d’un test indépendant réalisé par ODF. Le communiqué comporte d’ailleurs une incohérence sur le nombre de participants à l’essai clinique, avec 60 participants annoncés dans la présentation et 71 dans une note méthodologique. Je préfère donc conserver cette réserve plutôt que de choisir arbitrairement l’un des deux chiffres. Surtout, les comparaisons mises en avant concernent notamment une brosse à dents manuelle, ce qui ne permet pas de conclure que CameraJet est nécessairement plus efficace qu’une bonne brosse électrique associée à un nettoyage interdentaire classique.
479 € pour cette nouvelle façon de se brosser les dents
Reste évidemment la question du prix. À 479 €, la chose se positionne directement parmi les équipements d’hygiène bucco-dentaire les plus haut de gamme. Le kit commercialisé en France comprend l’appareil, deux têtes de brosse, un dentifrice Dyson Menthe Verte, un bain de bouche Dyson et un étui de voyage. Les consommables sont ensuite proposés séparément : 10 € pour le bain de bouche, 10 € pour le dentifrice et 12 € pour la version Sensitive.
La commercialisation française a débuté le 1er septembre 2026, dans les Dyson Demo Stores et auprès d’une sélection de revendeurs. À ce niveau de prix, la question de l’utilité réelle de toutes ces technologies devient évidemment centrale. Une caméra, une intelligence artificielle, une application et un système de jet automatique peuvent impressionner sur le papier ; il faudra surtout vérifier si l’ensemble simplifie réellement la routine quotidienne.
Avec CameraJet, Dyson fait finalement ce que la marque sait particulièrement bien faire : prendre un objet que l’on utilise sans vraiment y penser et remettre en question son fonctionnement. Une caméra de 100 000 pixels, de l’apprentissage automatique, un jet qui se déclenche en fonction de ce que voit l’appareil et une application capable de visualiser le brossage donnent à cette nouvelle venue un niveau de sophistication assez inhabituel. Un objet du futur donc.
Maintenant, la question n’est pas de savoir si Dyson est capable de mettre beaucoup de technologie dans une brosse à dents. Il l’a fait. La question est de savoir si cette technologie apporte réellement quelque chose lorsque nous sommes simplement devant notre lavabo, deux fois par jour.
Les premiers retours disponibles sont plutôt encourageants, tout en montrant qu’il faut apprendre à maîtriser l’appareil et que son fonctionnement diffère sensiblement de celui d’une brosse classique. Pour l’instant, je préfère donc ne pas rendre de verdict. CameraJet est une proposition suffisamment originale pour mériter qu’on s’y intéresse, mais il reste maintenant à vérifier si elle tient ses promesses dans la vraie vie.
Et maintenant ?
C’est précisément là que commence, pour moi, la suite de cette histoire. Objets du Futur proposera un test approfondi, doublé de l’interview d’un expert en santé bucco-dentaire, dès que le Dyson Camera Jet sera entre mes mains. Je pourrai alors vérifier ce qui reste impossible à juger sur une simple annonce : la prise en main, le confort, la précision du jet, le rendu de la caméra, l’application, l’autonomie, la consommation de bain de bouche et, surtout, la place qu’une telle technologie peut occuper dans une routine quotidienne.
En attendant, j’aimerais avoir votre avis. Est-ce que cette brosse à dents avec caméra vous intrigue ? Souhaitez-vous la voir en vidéo sur la chaîne Objets du Futur ? Et si je peux la tester, quelle est la question prioritaire à laquelle vous voudriez que je réponde ?












